

Thétis Onéida Ligie
Il y a bien longtemps, au temps des Contes et des Légendes, au temps où les Hommes croyaient en la Magie, et aux Dieux, au temps où personne ne remettait en cause l'existence des êtres féeriques, un petit château avec été bâtit. Digne d'un Roi ou d'un Dieu, mais caché au yeux de tous. Un prince déchu y habitât, mais lors de sa mort, des années après, la construction digne des Dieux Marins fut abandonnée et oubliée. Au fil des ans, certains vinrent la reconstruire, l'améliorer mais très vite ses occupants délaissaient la bâtisse, trop loin du monde, de la civilisation, trop loin de tout. Si elle resta longtemps vide et abandonnée, ce ne fut plus le cas quelque siècles bien après sa construction. Une femme s'appropria le terrain et le palais délabré. En un temps record et sans ouvriers, le château repris des éclats, redevint aussi beau que lors de sa construction. Ses tours s'élevaient, hautes dans le ciel, ses murs suivant la plage avec fluidité, les colonnes et rotondes laissant passer le vent. Ses escaliers entrant dans la mer tel une invitation pour les êtres magiques qui y vivaient.
Mais ce manoir n'était pas la seule construction qui prit -ou reprit- vie sur ce bord de Mer. Adossé au bâtiment principal, un jardin d'hiver était sortit de terre. Ses colonnes blanches en harmonies avec celles du petit palais, ses grandes vitres laissant passer la lumière qui resplendissait à toutes heures du Jour, et de la Nuit.
Quand à la femme qui avait réussit cet exploit et qui semblait bien décidé à y habiter, cette dernière semblait faite pour l'éveil des sens. Ses cheveux blanc, inhabituels, flottaient aux gré des vents, laissant cet air souvent frais, faire voler les pans de ses robes, voleter ses cheveux de Lune et tourbillonner autour d'elle tel un ami aimant. Souvent au sommet de la plus haute tour du manoir, dans la rotonde ouvert à tous les vents, elle ouvrait les bras comme si elle pensais pouvoir voler. Elle laissait le vent l'aimer, l'entourer, lui raconter les dernières nouvelles. Puis elle ouvrait les yeux. Des yeux incroyables, aussi changeants que les Mers et Océans. De prime abord bleus Roi, ils pouvaient s'éclaircir jusqu'au blanc argenté de l'écume, le bleu-rosé des perles nacrées, le bleu profond du large, ou aussi sombre que l'obscurité des ravins marins. Si ces yeux, avaient peut être été teinté d'espoirs, de rêves, de joie, de rires, il n'en restait que quelques traces. Mais ils n'étaient souvent teintés que d'un calme apparent, avec une profonde couche de tristesse qui scintillait à qui savait la voir, loin sous la surface de son âme. Rarement, cette étincelle de pleurs était remplacée par un brin de peur mais, le calme revenait vite.
Elle aimait les fleurs et la nature. Souvent, que dire, tout le temps elle cultivait dans son jardin. D'hiver ou d’été, elle aimait faire pousser les créations de Gaïa. Grâce à ses plantes, elle fabriquait onguents et potions. Au début se n'était qu'un passe temps, une intuition. Qui se révéla plus tard utile.
De l'autre côté de la foret, un village, principalement de paysans, s'élevait là depuis des siècles. Avec le passage des nobles familles qui avaient eu en tête de rénover le manoir, il s'était agrandit légèrement, avait un commerce, une taverne, il avait même une petite place avec une statue. Mais leur trésor se tenait en l'Arbre vénérable qui s'élevait au milieu exact du village. Un arbre immense, tellement vieux qu'il avait dû commencer à grandir en même temps que les Dieux. Pour en faire tour, il faudrait une bonne dizaine d'Hommes qui tendent les bras. Ces villageois avaient rapidement gardé un oeil sur la vielle construction, et furent plus qu'intrigués par l'inconnue. Très vite, ils furent convaincus qu'elle n'était qu'une sorcière. Comment expliquer sinon, la remise à neuf du petit château du jour au lendemain ? Fermement résolus à ne pas s'approcher de cet être de malheur, un an passa.
Rodolphe était un forgeron, grand puissant, il avait trois apprentis, fier d'être sous sa tutelle. Il avait eu des accidents, c'était la vie, mais jamais un si grave. Une lame blanche tellement l'acier était chaud, lui tomba dessus. Sa peau fondit presque immédiatement. Mais il réussit avant de s'évanouir à l'enlever avant que l'acier ne colle à ses muscles et qu'il ne puissent plus l'en décoller. Ses apprentis entendirent ses hurlements de douleurs, comme la plupart des villageois. Beaucoup s'évanouirent devant la scène, la femme de Rodolphe n'arrêta pas de pleurer, persuadée qu'il était condamné. Le chef villageois prit alors une décision. Peut-être allait-il être haït par beaucoup pour ce qu'il allait faire mais si il sauvait la vie du forgeron, alors il s'en satisferait. Il donna quelques ordres pour qu'on le transporte dans un lit propre et qu'on ne touche à rien puis partit en courant, aussi vite qu'il le pouvait à travers la foret. Il lui fallut dix à quinze minutes pour arriver devant le petit château. Il jeta un coup d'oeil à la plage, personne. Dans l'Océan ? Personne. Il fit le tour et regarda dans le grand jardin. Il l'aperçut alors. La sorcière. Penchée au-dessus d'un parterre de roses d'un rouge profond allant sur le noir au bout des pétales, elle semblait leurs murmurer quelque chose. Il hésita, plus trop sur de lui, maintenant qu'il se tenait en face de la sorcière. Elle releva les yeux et son regard lui coupa le souffle. Avec des yeux comme ceux là, elle ne pouvait être qu'une sorcière ou une déesse. Elle se redressa, et entra dans le manoir par une porte ouverte. Revenant brusquement à la réalité, il se précipita à sa suite.
- Nous avons besoin de vous, Dame !
Elle ne se tourna pas vers lui mais il entendit sa voix. Une voix parfaite, mélodieuse, calme, chaude avec des éclats de glace à l'intérieur.
- Que voulez vous ?
- Je vous l'ai dit, nous avons besoin d'aide !
- En êtes vous sur ? Voulez vous être redevable à une sorcière ?
- .. Ce n'est pas important !
Son hésitation fut légère mais elle était bien présente. Que lui demanderait-elle en repartie ? Elle se retourna légèrement vers lui sans s'arrêter. Il ne prêtait même pas attention à l'intérieur de ce lieu si mystérieux.
- Si c'est important. Je n'utilise pas mes pouvoirs pour rien.
- Je ferais ce que vous voulez mais c'est urgent !
Elle s'arrêta et se retourna vers lui. Il freina d'un coup et ne put détacher son regard d'elle.
- Qu'a t-il ?
- Il est forgeron, il s'est brûlé, je pense avoir vu son os ! Tout à fondu...
Il eu un haut le cœur en y repensant. Mais il ne faiblit pas devant ce regard insondable. Elle se détourna encore, cette fois ci ce fut pour attraper un petit sac et y fourrer plusieurs flacons et herbes qu'il ne distinguait pas et serait bien incapable de différencier. Il prêta alors vraiment attention à l'endroit dans lequel il se trouvait. C'était une grande salle claire, Dont le mur de droite était rempli d'étagères, elles même remplies de flacons en tous genres, de toutes tailles, et leur contenu était aussi varié que les contenants. Celui de gauche, était recouvert de plantes, mise à séchées, à son pied, un longue table, pas très large en bois brut accueillait coupelles et bols remplis d'herbes eux aussi. Il était divisé en deux, laissant la large cheminée éteinte dominer le centre de ce mur de pierre blanche. Le mur du fond était dominé par de grandes fenêtres qui donnait sur la mer et la foret. L'endroit parfait où il se rejoignaient. Au centre de la pièce, une table ronde, également en bois massif était vierge de tous outils ou contenant. Sous la table; il distingua, gravé dans le sol en pierre lisse, un dessin, une sorte de pentagramme. En fait, ce dessin était gravé sur tout le sol de la pièce. Avant qu'il puisse faire un commentaire, la sorcière, sortit de la salle, marchant par grande enjambées, allant presque plus vite que lui qui était plus grand d'une bonne tête qu'elle. Elle lui parla, lui donnant consignes et ordres.
- Je ne veux personne autour de moi. Je n'aime pas les gens, et ils me le rendent bien. Je ne veux pas être interrompue, et encore moins entendre pleurs et jérémiades.
Le chef du village hocha la tête et continua à la suivre. Il furent rapidement au village, bien que l'homme ne vit pas le chemin passer.
Les villageois, qui jusqu'à présent avaient attendus le retour de leur chef, demeurèrent interdit devant la femme qui entra sur la place d'un pas rapide. Elle fendit la foule, ne leur prêtant aucune attention et entra dans la maison du forgeron. Le chef, fit taire les protestations d'un regard.
- Vous pourrez râler plus tard. Si elle à une chance de le sauver alors, prenons la.
La colère de l'ignorance fut vite submergée par l'inquiétude. Ils hochèrent la tête et le chef entra à la suite de la sorcière. A l'intérieur de la bâtisse, la femme de Rodolphe avait arrêter de pleurer mais empêchait la sorcière de l'approcher. Elle était aidée par le fils de ce dernier et ses deux assistants. Le chef les poussa d'un geste. Il était un paysan, grand et fort, et capable de tenir tête à tous ici. Il n'était pas chef pour rien. Ignorant les protestations, la femme entra dans la pièce et referma la porte avant que quiconque ai put entrer à sa suite. Il se passa une heure, puis deux, et elle sortit. Elle regarda la femme de Rodolphe et déposa sur la petite table familiale trois flacons. Tous de couleurs différentes. Elle y ajouta deux pots fermés.
- Le flacons blanc c'est à lui donner le matin, au lever du soleil. Le vert le midi, au zénith, et le bleu le soir au coucher du soleil. La première semaine donnez lui de la soupe, si possible bouillie avec de la viande. Il faut qu'elle soit très nutritive. La seconde semaine vous pourrez commencer à le nourrir de nourriture solide mais privilégiez encore la soupe avec des morceaux. Les pots contiennent des onguents. Le clair c'est pour le matin, le foncé pour le soir. Mettez deux doigts sur un linge et posez le linge sur sa plaie. Je l'ai refermée, et ai reconstruit ces muscles et tissus mais il ne faut pas qu'il tire dessus, sinon je ne pourrais plus rien faire. Il ne pourra plus utiliser son bras. Il faut qu'il reste au repos au minimums un mois. Trois serait l'idéal.
Sur cette prescription, elle referma son sac, sans se soucier si ses conseils seraient suivit et sortit. Elle alla se tenir au pied du grand arbre.
Le chef entra dans la chambre de Rodolphe et n'en cru pas ses yeux. Le bras auparavant méconnaissable, était à présent recouvert d'une peau neuve, rosée, qui semblait tellement fragile qu'elle pourrait se fissurer au moindre coup de vent. Elle venait d'accomplir un miracle. Résolut, il sortit et la rejoignit.
- Que voulez vous ?
La femme le fixa un moment sans répondre puis dit :
- Des vivres. Tous les mois, vous m'apporterez un chariot de vivres. Vous devrez également commander deux trois ingrédients, si j'en ai besoin.
Le chef ne sut que dire. Il ne s'y était pas attendu du tout.
- Mais c'est énorme ! Nous n'avons pas un tel argent pour payer toutes ses vivres ! Surtout un chariot !
Elle le fixa de nouveau et plissa doucement les yeux. Ces derniers devinrent presque noirs.
- C'est mon prix. Mais aujourd'hui je suis magnanime, alors je vais y ajouter autre chose. En contre partie de la vie de votre forgeron et du chariot de vivre, je vous offrirait les soins dont vous avez besoins. Si vous avez un malade ou un blessé amener le moi et je le soignerais. Tant que le chariot de vivres sera livré tous les mois, alors, vous bénéficierait d'une sorcière à domicile.
Le chef accepta. Il n'aurait put dire non à une tel proposition. Surtout par les temps de maladies qui couraient. La femme se le tint pour dit et repartit sans un mot de plus.
21 ème siècle.
- Maman ! Pourquoi on organise cette fête tous les ans ?
La mère, une femme fine et athlétique, habillée à la dernière mode, regarda autour d'elle. Toute la ville s'était rassemblée dans une clairière de la foret, comme ils l'avaient toujours fait. Les habitants de la ville, déposaient sur une vielle table de bois -aussi vielle que le village sans doute- des victuailles, de la nourriture, des tissus, et autres "offrandes". Elle regarda son fils et lui sourit.
- C'est une tradition.Avant, tous les mois, les habitants amenaient de la nourriture à l'esprit qui vivait par ici pour qu'il continue de protéger la ville. Maintenant on en à fait une fête, que la légende soit vraie ou non. Que dit grand-mère ?
- Que il ne faut jamais dénigrer les légendes, elles ont toujours un fond de vérité !
- Exact. bon allez va jouer avec tes amis !







